Juste en face de Kaohsiung se trouve la petite île de Cijin (prononcez Chichin!). Pour s'y rendre, il suffit d'aller au port et de prendre un petit ferry. Sur le chemin, je me fais alpaguer par un Allemand tout gentil mais qui a l'air de planer à des années lumière...Ayant en tête mon Espagnol collant du Lotus Pond, j'hésite à lui dire que je vais sur Cijin par peur qu'il remette ça à son tour! Finalement il me demande juste s'il peut prendre en photo un bout de mon tatouage qui dépasse de mon débardeur ; heureusement que je ne lui ai pas dit que c'était la partie émergée de l'iceberg sinon j'étais bonne pour finir par poser en culotte dans la rue lol! Sur ce on se souhaite bonne route et on trace chacun de notre côté.

La traversée dure dix minutes à peine, c'est vraiment express. Je taille le bout de gras avec un Hongkongais canon mais qui m'exaspère au bout de deux minutes à s'enorgueillir de ses voyages répétés au Japon. Mon coco, va falloir trouver autre chose pour m'impressionner! Alors je fais ma vilaine et je prends un malin plaisir à le planter avec un grand sourire à peine le pied posé à terre, paf :p


Les scooters qui attendent pour embarquer


Tout le monde se dirige droit vers la rue principale, moi je décide de flâner d'abord le long du port. Il n'y a pas vraiment de promenade mais c'est joli et certains bâtiments ou situations sont pittoresques. Je m'aventure du côté des pêcheurs mais très vite je ne me sens pas à l'aise...C'est la seule fois où j'ai eu cette impression à Taïwan, mais pour le coup tous les mecs me regardent, ricanent et s'arrêtent même de parler pour me dévisager. Hors de question que je rebrousse chemin (et merde, l'espace est à tout le monde!), du coup je fais ce que je fais toujours en pareille situation: je n'hésite pas à les fixer, je contracte mes trapèzes et mes biceps (merci coach de me taper dessus avec le bâton pour que je sois costaud!), j'adopte une démarche compacte et je  me racle la gorge de temps en temps pour cracher un coup. Dix ans d'expérience dans ce que nous autres sociologues nommons les "entre-soi masculins" (prison, moto, MMA; oui je cumule), j'ai malheureusement l'habitude de ce genre de mise à l'épreuve symbolique...Et bien sûr ça marche, ils finissent par détourner le regard et je me paie même le luxe de m'arrêter pour prendre quelques photos juste sous leur nez.




 









Après ça je me dirige vers le centre. Cijin est en effet réputée pour ses fruits de mer, les habitants de Kaohsiung n'hésitant pas à faire la traversée pour un bon petit gueuleton. Les étals sont impressionnants, il y a énormément de choix et tout a l'air vraiment frais. Je demande à ce qu'on me fasse bouillir quelques crevettes et je file déguster mon pique-nique sur la plage.

Un joli temple sur le chemin












La plage est absolument magnifique! Le sable noir est doux sous les pieds, la mer est bleue, il fait bon mais pas  trop chaud ; bref un bonheur. Le plus beau c'est qu'elle est quasiment déserte alors qu'elle n'est qu'au bout de la rue principale ; manger ou se promener, apparemment le choix est fait...Je m'y suis baladée près de trois heures les pieds dans l'eau, elle est très étendue et je n'ai même pas pu en atteindre le bout. 




Pasmo profite!^^

 


A l'une des extrémités de la plage, pas loin du centre, se dresse Cihou Fort. Ce dernier n'est pas très joli mais permet de jouir de beaux panoramas sur l'île. Il y a un petit chemin sympa à emprunter le long des falaises, qui continue ensuite dans la verdure. Mais ma visite a été gâchée par la voix stridente d'une institutrice qui accompagnait ses élèves en sortie scolaire! J'avais jamais entendu ça, des hurlements continus sur les pauvres gosses qui étaient sages comme des images et ne mouftaient pas. J'avais beau hâter le pas, ses beuglements aigus continuaient de me vriller les oreilles; ils m'ont même poursuivie jusque dans le métro sur Kaohsiung car ils ont pris le même ferry que moi pour rentrer! 







 
 
 Bye buy Cijin!

Au prochain numéro: comment un vieux armé d'une sarbacane m'a offert sa protection chevaleresque face à des singes gloutons!




Il y a de nombreuses années j'avais commencé ma transition vers le végétarisme...jusqu'à ce que mes multiples intolérances alimentaires s'en mêlent. C'est devenu si compliqué pour moi de me nourrir (aujourd'hui je réagis au gluten, lactose, maïs, soja, amandes et tous les dérivés possibles et inimaginables!) que j'avais réintroduit le poulet et le poisson. Mais j'éprouvais un certain malaise et surtout je me rendais compte que je ne me sentais jamais aussi en forme que lorsque je ne mangeais pas de protéines animales...Alors à moi les suppléments de prot de chanvre pour assurer les combats et retour à un régime végétarien :)

Il y a mille et une bonnes raisons de franchir le pas mais cette vidéo "Si les abattoirs avaient des vitres, tout le monde serait végétarien" est certainement le meilleur argument possible. Je vous mets au défi de continuer à manger de la viande sans aucun scrupule après l'avoir visionnée en entier...

Torre Washington, célèbre bodybuilder vegan
miam miam...


Sous un magnifique ciel bleu, je quitte mon mignon petit appart afin d'aller me promener dans le plus grand parc de la ville. J'ai dégoté un plan -pas très détaillé mais qui fait tout de même l'affaire- et je chemine bon train dans la rue quand un type m'accoste. Quelques précisions s'imposent: à Kaohsiung tout le monde se déplace en scooter ou en métro, donc les trottoirs des grandes artères sont quasiment déserts. Qui plus est, il n'y a quasiment pas de touriste occidentaux et encore moins de nanas seules. Alors avec mon petit sac-à-dos rose et mon air de jeunette (à maman qui s'inquiète toujours de l'état de mon nez -déjà cassé- et de la taille de mes biceps, je réponds: "Certes! Mais les coups dans la tronche ça conserve"), je dois avoir l'air d'une jeune brebis égarée...

S'amène donc un type qui s'enquiert, l'air inquiet, où je vais d'un si bon pas. Je lui montre le parc sur mon plan; le trajet est simplissime, c'est tout droit sur quelques kilomètres. Seulement mon type n'en démord pas, il ne comprend pas que j'y aille à pattes alors que je pourrai prendre le métro comme tout le monde. Il insiste, me retient malgré mes explications auxquelles il a l'air de ne rien comprendre et ça commence sérieusement à me gonfler cette affaire! Alors je lui claque un "Thank you" retentissant et je le plante là l'air tout ébaubi par tant de fermeté. Non mais! 


Le centre commercial à côté de chez moi
 Des sculptures loufoques; décidément ils kiffent ça!


 Les grandes rues


Central Park est un endroit très agréable, joli, frais; je l'ai vraiment apprécié (bien plus que Daan  Park à Taipei entre nous soit dit) et je l'ai parcouru de long en large. Il y a un petit lac, un pont, des statues rigolotes et beaucoup de banians comme je les aime tant.


 
Pas le droit de se baigner même s'il crève de chaud! 
 J'ai craaaaquééééé^^



 



 
 Un drôle de type qui se grattait contre l'arbre comme un ours!


 



 

 Papy qui se la pète avec sa grosse roue arrière



L'une des visites les plus conseillées à Kaohsiung sur Trip Advisor est Lotus Pond. Il s'agit d'un grand lac environné de temples, pagodes et constructions en tout genre. L'endroit est prisé par les touristes , il n'y a d'ailleurs que là où j'ai en vus ! Bon perso je n'ai pas trop kiffé, ça fait  carton-pâte tout ça...En plus c'est un peu loin [descendre à la station de métro Zuoying et prendre la sortie 2 pour attraper le bus 301]. Moi je n'ai pas réussi à avoir de bus; donc je commençais à me tâter pour prendre un taxi ou y aller un pied quand surgit un Espagnol. Je déçois immédiatement vos espoirs croustillants, non il ne s’agit pas d'un beau brun ténébreux avec qui j'aurais pu passer une nuit torride (à l’époque j'étais encore célibataire hein!). L'Espagnol en question était mou du genou et collant au possible, tout ce que je déteste. 

Il me propose de partager un taxi, ça je suis OK. Sauf que comme beaucoup de voyageurs solo, il n'aime pas visiter seul (ça reste un grand mystère pour moi). Donc monsieur se met en tête de faire le tour du lac avec moi, bien sûr sans me demander mon avis! Et par-dessus le marché il veut savoir ce que je compte faire l'après-midi! Mon radar anti-pot-de-colle m'avertit du danger, il va falloir réagir, et vite! Je suis du genre brute de décoffrage mais aussi à m'exciter bêtement; je réfrène donc mon envie de lui lâcher un "Casse-toi" agressif et choisis plutôt la ruse. On monte à la première pagode, il gravit péniblement les dix pauvres marches en ahanant derrière moi. Du coup je saisis ma chance. Quand il me propose de squizzer la 2ème pagode (tu penses, il avait fait son effort sportif de la journée), je lance innocemment: "Vas-y avance le tour du lac, je te rejoindrai après". Tu parles, je grimpe quatre-à-quatre ladite pagode et scrute d'en haut la direction dans laquelle il se dirige de son pas mollasson. Hop, je trace dans la direction opposée, finis  mes visites rapido (de toute façon l'endroit ne me plaît guère) et  saute dans un taxi pour continuer seule -et TRANQUILLOU- la suite de mon programme.




 







    




 

 

 

 


 












A suivre : il est pas né le type qui m'empêchera de me balader là où j'en ai envie!