Le quartier de Jongmyo n'est pas aussi traditionnel que celui de Bukchon, mais il est sympa d'y flâner car il y règne une atmosphère assez pittoresque [ligne 3 ou 5, station Jongnosam-3, sortie 8]. J'ai bien aimé les petites ruelles hautes en couleur où l'on peut tomber sur des papys plongés dans leurs parties de go et autres jeux de réflexion, installés sur de vieux tabourets en plastique.


 

 




Au cœur du quartier, le parc est joli et agréable, mais alors putain comment j'ai eu l'impression de faire la bête de foire! C'est simple, y avait quasiment que des mecs (de 40 ans et plus) qui glandaient, tout seuls ou en groupes. Donc une nana seule, touriste, occidentale, qui passe, attention c'est l'attraction...Ca m'a trop gavée parce que leur regard était hyper insistant, pas le regard intrigué mais bienveillant comme j'ai pu rencontrer à Taiwan; non là ils me détaillaient de haut en bas sans gêne aucune, c'est simple j'avais l'impression de revivre ma première fois en prison quoi! Du coup je les fixais méchamment jusqu'à ce qu'ils baissent les yeux, sérieux les cocos on n'est pas au fin fond du Yémen...




 
Pas loin de Jongmyo se trouve Insadong-gil, THE rue pour faire du shopping. J'y suis retournée le dernier jour juste avant de prendre l'avion et j'y ai fait un carnage! Il y a bien sûr les sempiternels magasins à touristes où l'on peut déjà dégotter tout un tas de trucs sympas (mention spéciale au mini-ventilateur Totoro, n'est-ce pas ma Célinette? :p), mais c'est surtout dans le centre commercial que j'ai trouvé mon bonheur. 

C'est simple j'avais envie de tout acheter dans les jolies petites boutiques de créateurs qui allient le kawaï au traditionnel, pour des prix très raisonnables. Par exemple j'ai offert à ma mère une boîte à musique qu'on pouvait entièrement personnaliser selon ses goûts, du socle jusqu'au bouton, en passant par la musique. En plus le centre lui-même est très mignon, bien décoré et arboré. Tout en haut se trouve le passage des amoureux. Plus kitsch -et plus rose- tu meurs! 


Une belle Ducati Scrambler pour mon chéri 
qui raffole de ce type de moto^^












En déambulant à partir d'Insadong-gil, je suis tombée par hasard (et par chance!) sur le National Folk Museum. J'ai trop kiffé ce musée, gratuit de surcroît. Déjà le site est agréable, on peut se reposer dans des espèces de petits jardins aménagés et bordés de nombreux érables. Il y a une grande pagode, très photogénique mais malheureusement on ne peut pas y monter. Les constructions traditionnelles -maisons et commerces- permettent de se représenter la vie autrefois. On peut tripoter les objets, sentir, c'est très réussi. D'habitude je ne suis pas fan de ce genre de trucs qui frôlent vite le toc, mais là c'était instructif et bien fait. N'hésitez pas si vous avez des enfants!

Le musée d'art contemporain, 
au gré de mes pérégrinations

 Des princesses en baskets! :p







 Libre à vous d'essayer les chaussures traditionnelles qui piquent les pieds!
 Le magasin d'épices et autres choses odorantes
 Le bistro du coin

  Les vieilles maisons villageoises



Après ça je suis rentrée à la maison et je me suis pris à emporter un bon Indien au bout de ma rue; je défaillais littéralement de bonheur car ça faisait 3 jours que je n'avais pas fait de vrai repas et que je survivais grâce au Seven Eleven....Sauf qu'ils ont trouvé le moyen de me planquer des bouts de bœuf dans mon curry végétarien, aaarg c'est quoi cette coalition anti-veggy en Corée???


Bon cela dit j'étais quand même pas mal sur mon petit balcon 
avec un bon bouquin (Mo Hayder, j'adooore)...


Au prochain numéro: comment j'ai squatté un jardin de résidence trop joli pour faire ma sieste!






Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler un peu de mon boulot! Car non, ce n'est pas un livre de pâtisserie ni un guide de voyage que je publie, mais le bouquin issu de mon doctorat de sociologie :p Ca commence à dater puisque j'ai soutenu ma thèse il y a maintenant cinq ans (j'avais d'ailleurs fait une tonne de macarons pour mon pot de soutenance; les Piña Colada en particulier avaient fait un carton auprès du jury hihi); mais j'avais pas envie de la brader en publiant n'importe où. Bien m'en a pris car c'est finalement les Presses de Sciences Po qui l'éditent (youhou^^).

Alors pour faire bref, comme le titre l'indique (j'ai horreur des titres à rallonge où on capte rien!), c'est un bouquin sur la sexualité en prison de femmes. Les résultats sont tirés d'une enquête de terrain de deux ans, durant laquelle j'ai traîné dans un nombre incalculable de prisons françaises. Ce n'est pas un bouquin de vulgarisation scientifique, mais j'ai quand même essayé qu'il soit le plus accessible -et le plus vivant- possible. Donc j'y ai mis beaucoup d'extraits d'entretiens (de femmes détenues mais aussi de professionnels et de bénévoles intervenant en milieu carcéral).

Ça rit, ça pleure, ça s'énerve et bien sûr ça parle de sexe: rapports au parloir, homosexualité, agressions sexuelles, lettres érotiques entre femmes et hommes détenus, exhibitionnisme, relations clandestines entre détenues et agents pénitentiaires, démonstrations de pouvoir sexualisées, etc. Le tout en restant à distance de tout engagement militant et idéologique, car ce n'est pas comme ça que je conçois la pratique de ma discipline (mais ça, c'est mon point de vue strictement personnel!). 

En espérant que ça suscitera votre intérêt pour les prisons de femmes, largement occultées dans la production scientifique et dans l'espace public; a fortiori quand il est question de cul...




Bukchon est sans conteste le quartier historique le plus charmant de Séoul! [métro ligne 3, station Anguk. Prenez la sortie qui donne face au poste de police. Restez sur votre trottoir et partez sur la droite. Au bout de quelques mètres, tournez le dos à la grande avenue et engouffrez-vous dans la petite rue qui monte légèrement]. C'est là qu'on peut admirer des maisons traditionnelles -les fameuses hanok- dans des petites rues pittoresques comme tout. Alors évidemment il y a pas mal de touristes, mais comme beaucoup sont en habits d'époque, ça ajoute un charme supplémentaire à l'endroit. Et si on s'éloigne un peu des rues principales, on se retrouve très vite seul(e). Attention ça grimpe pas mal!

Les hanok sont habitées et les pauvres gens en ont leur claque de se taper les braillements des touristes devant leur porte à longueur de journée...Eh oui, les Coréens en balade sont gueulards; du coup on trouve un peu partout des affiches exhortant au silence. Evidemment ça ne marche pas trop. L'intérieur des maisons est protégé des regards, bien à l'abri derrière des murs et des portes en bois, massives mais jolies. Apparemment beaucoup recèlent un jardin, ça doit être superbe.

Outre les habitations privées, de nombreuses maisons ont été transformées en guesthouses, restos, boutiques et galeries d'art.

Attroupement de princesses!
 Des érables, encore et toujours

 Une des innombrables boutiques de location de costumes




 Magnifique vue sur les toits de tuiles




 


 

 





Au détour d'une ruelle, je vois une adorable petite fille, accroupie devant sa maison en train de jouer. Bon alors précisons qu'en ce début de séjour, j'avais déjà compris que les Coréens et moi, ce ne serait sûrement pas une grande histoire d'amour. Ils me cassaient les oreilles, me soulaient à bousculer tout le monde et commençaient sérieusement à me péter les c.... à me dévisager de haut en bas sans vergogne et sans politesse aucune. Mais là, quand je me suis retrouvée nez-à-nez avec cette petite fille, j'ai littéralement fondu! Pas timide pour un sou, elle m'a lancé un "Hello!" enthousiaste et m'a tendu avec un grand sourire son chiot pour que je le caresse. Petite poupée, c'était bien toi la vraie princesse de ce quartier 💖




 Détail en nacre d'une porte

 Saisissante coexistence de modernité et de tradition...


 Un toit rutilant de tuiles bleues! Magnifique





Je suis arrivée à un lieu que j'ai eu du mal à déterminer, on aurait dit une université (surtout qu'il y avait pas mal de jeunes) mais je n'ai pas réussi à savoir ce que c'était. En tout cas l'architecture était jolie et il y avait une épitaphe saisissante à propos de l'occupation japonaise.

Celle-ci a duré de 1910 jusqu'en 1945 avec la capitulation du Japon durant la seconde Guerre Mondiale (clic ici pour avoir plus d'infos). A entendre ce qu'en dit l'Occident, on a l'impression que cet épisode appartient définitivement au passé pour les Coréens, très proches culturellement des Japonais (enfin en tout cas moi c'est l'écho général que j'en avais). Ben pour le coup j'ai perçu beaucoup de ressentiment de la part des Coréens, notamment à travers nombre de plaques commémoratives qui dénoncent les exactions des Japonais.






Après Bukchon et ses jolies maisons hanok, direction le musée du gâteau de riz, situé dans l'enceinte du Traditional Korean Food Institute [station Jongnosam 3-ga; ligne 1, 3 ou 5. A la sortie du métro, faites demi-tour et remontez l'avenue sur votre gauche]. Alors celui-là, je l'attendais impatiemment! Le vieux monsieur à l'entrée semblait assez étonné de ma présence (mais c'est que ça m'intéressait moi cette affaire!); et c'était un peu bizarre car j'étais complètement seule!


 Dès l'entrée du musée on craque sur les gâteaux trop gnons^^
 Quel dommage que le salon de thé était fermé....
(ben tiens, pour une fois que j'aurais pu goûter un truc local!)


C'est un tout petit musée qui propose une perspective historique pour comprendre la place capitale qu'occupent les gâteaux de riz dans la culture coréenne. Il n'y a que trois salles mais j'ai trouvé ça intéressant, les panneaux explicatifs ne sont pas chiants (c'est souvent ce que je regrette dans les musées, c'est tellement descriptif qu'à peine lu c'est déjà oublié...) et surtout qu'est-ce que c'est appétissant! Je bavais littéralement devant les vitrines, les représentations en résine sont super réussies.

Sont présentés les différentes sortes de tteok, le mode de fabrication (à base de riz gluant) et les ustensiles nécessaires. Il est expliqué que ces gâteaux ont une signification particulière dans la vie quotidienne des Coréens, qu'ils soient associés à des épisodes heureux ou tristes. A chaque fête correspond une variété bien précise, réalisée avec les ingrédients de saison. J'ai été épatée par le nombre de fêtes qui ponctuent l'année!




 
 Préparation du riz gluant



 



Dans la plupart des familles coréennes, le culte des ancêtres occupe toujours une part importante de la vie quotidienne. Lors des services commémoratifs sont notamment servis des tteok. Le 60ème anniversaire est aussi une occasion rêvée pour s'empiffrer avec ses proches et ses voisins. On y sert des montagnes -à proprement parler- de petits gâteaux....




 Je ne savais plus où donner de l'appareil photo!

Parmi les autres fêtes importantes auxquelles sont associés les tteok, on compte la célébration donnée pour les bébés, le passage à l'âge adulte (pour les garçons et les filles) et bien sûr la cérémonie de mariage. La jujube et la châtaigne symbolisent la postérité et la longévité; la jujube en particulier représentant le fils qui assure la lignée familiale (ben tiens, peanuts pour les filles). Le kaki séché évoque quant à lui la pénitence, car le processus de fabrication requiert de la patience et de l'attention, en écho à la formation du caractère de l'adulte. Quand on voit à quel point ils sont portés sur la viande et comme il est difficile d'être végétarien dans ce pays, tous ces symboles en rapport avec le végétal m'ont laissée assez dubitative...


Paeybaek: la nourriture présentée  par la mariée aux aînés de la famille de son mari


Je suis sortie du musée plus affamée que jamais, il me restait que mes chips du Seven Eleven pour compenser ma frustration de ne pas pouvoir goûter ces merveilles... Petite consolation, le temple Daegaksa tout proche, qui se situe sur la grande avenue et qui est haut en couleurs [quand vous sortez du musée, traversez et avancez un peu sur la rue vers la droite en remontant vers le métro; le temple se situe entre deux immeubles, il faut bien regarder]. Force est de reconnaître que niveau temples, la Corée ça en jette.








La suite: comment j'ai fait la bête de foire dans un parc rempli de vieux!